13 – 18 septembre 2026, Panama Conférence mondiale de l’ACI et Assemblées Construire des ponts, les contributions des coopératives en faveur de la paix dans le monde

Le Brésil renforce l’agenda du patrimoine coopérativiste mondial en reconnaissant que le coopérativisme fait partie de la culture

04 Aug 2026

Le Brésil a fait un grand pas en avant en reconnaissant la dimension culturelle du coopérativisme. Avec la publication de la Loi 15.433/2026, le coopérativisme est désormais officiellement reconnu comme étant une manifestation de la culture nationale et confirme la contribution historique des coopératives au développement social, économique et communautaire du Brésil.

La nouvelle législation souligne les valeurs qui se trouvent au cœur du modèle de coopérative, et notamment l’entraide, la participation démocratique, la responsabilité partagée et le développement collectif. Elle renforce également le rôle de l’état à l’heure de soutenir et encourager le coopérativisme, ce qui confirme ce que les coopérateurs ont depuis longtemps prouvé dans la pratique : la coopération n’est pas seulement un modèle économique mais aussi une expression culturelle de vie qui trouve ses racines dans les communautés. 

Cette reconnaissance arrive à point nommé pour le mouvement coopératif mondial. L’Alliance coopérative internationale (ACI), à travers son projet CCH (pour Cooperative Cultural Heritage, soit Patrimoine culturel coopératif), travaille pour identifier, protéger et promouvoir le patrimoine matériel et immatériel de la coopération dans le monde. Lancée en 2025 au cours de l’Année internationale des coopératives des Nations Unies, l’initiative CCH de l’ACI a commencé par établir une première liste de 32 sites coopératifs issus de 25 pays, présentés sur une mappemonde dédiée. En 2026, l’initiative prend de l’ampleur, ajoute de nouveaux sites et explore divers éléments culturels immatériels qui reflètent les idées, les pratiques, les traditions et les systèmes de gestion en coopératives. La liste CCH 2026 sera dévoilée lors de la Conférence mondiale de l’ACI au Panama, qui offrira aux coopératives la possibilité de prouver que leur patrimoine contribue à la paix, au développement durable et à la diversité culturelle.

La législation brésilienne fait également le lien avec un précédent international important. En 2016, l’UNESCO a inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité « L’idée et la pratique d’intérêts communs organisés en coopératives ». Une reconnaissance qui affirmait que les pratiques coopératives renferment des valeurs sociales et culturelles qui dépassent les générations. La Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 apporte un cadre international juridiquement contraignant destiné à protéger le patrimoine vivant. Ses valeurs ne résident pas uniquement dans la reconnaissance, elles invitent surtout les états, les communautés et les institutions à identifier, documenter, transmettre et protéger les pratiques culturelles qui restent bien vivantes dans le quotidien des personnes.

Pour les coopératives, elle a ouvert une voie importante. Des monuments historiques et des musées aux traditions locales, aux pratiques démocratiques et à une vie économique à base communautaire, le patrimoine coopératif montre qu’il est possible de s’organiser pour répondre aux nécessités communes. Cette nouvelle reconnaissance de la part du Brésil dynamise un peu plus encore l’effort emmené à l'international par le Groupe de travail mondial, avec le soutien d’un secrétariat conjoint (OCB, NCDC [Inde] et Bureau mondial de l’ACI), et vient confirmer l’importance d'accorder plus de visibilité aux coopératives au sein des agendas de la politique culturelle, du développement durable et du patrimoine.