Rebecca Harvey, Co-op News
La coopération crée la confiance qui crée la paix – et la Conférence mondiale de l’ACI au Panama sera un lieu pour approfondir cette dynamique en compagnie de praticiens, d’activistes et d’experts du secteur coopératif.
Le thème – « Construire des ponts : les contributions des coopératives pour un monde pacifique » – oriente l’événement vers un avenir qui peut devenir réalité à mesure que le mouvement mondial œuvre ensemble pour construire un monde meilleur.
Les coopératives comme écoles de la paix
Être membre d’une coopérative – que ce soit comme travailleur, consommateur, résident ou autre – met constamment à l’épreuve la capacité des individus à tenir parole lorsqu’ils n’y sont pas strictement obligés. Chaque acte coopératif, qu’il s’agisse de participer à une réunion ou de voter équitablement dans une structure de gouvernance, constitue une petite expérience de fiabilité. Lorsque l’autre partie respecte son engagement, vous revoyez à la hausse vos attentes à son égard. En répétant cela suffisamment de fois, avec suffisamment de personnes, vous construisez ce que les sociologues appellent la « confiance généralisée » : non seulement « je fais confiance à cette personne précise » mais « je fais confiance au fait que des personnes comme moi dans des structures comme celle-ci, agiront avec équité ».
Les coopératives excellent dans ce domaine parce qu’elles agissent comme des écoles de paix. Les membres sont liés entre eux sur le long terme et non par une simple transaction ponctuelle et ils partagent un intérêt commun quant aux résultats obtenus. La formation des membres, la coopération entre coopératives, le principe « un membre, une voix » et la transparence comptable réduisent les asymétries d’information qui peuvent nourrir la suspicion, tandis que, dans les sociétés humaines divisées, les coopératives qui rassemblent des membres issus de groupes ethniques, religieux ou politiques différents construisent la coopération par-delà les clivages que le conflit tend habituellement à rigidifier.
La paix entre groupes est une confiance à grande échelle : la confiance et la conviction que « l’autre camp » ne fera pas défaut, n’attaquera pas et respectera les accords. Les liens sociaux et économiques coopératifs augmentent le coût tangible et intangible du conflit, au point que la coopération n’est pas seulement un sous-produit de la paix : les coopératives sont utilisées comme infrastructure pour la construire.
Le programme de la Conférence mondiale comprend plusieurs sessions consacrées à ce thème, un débat notamment intitulé « La voie coopérative vers un multilatéralisme pacifique » (mercredi 16, 11h30–12h30), qui portera sur la gouvernance, l’intégration économique et la création d’environnements propices comme voies vers la paix. Y participeront Mario Lubetkin (Ministre des Affaires étrangères de l’Uruguay et Président du G77), Sabelo Mbokazi (Chef du département Travail, Emploi et Migration, Commission de l’Union africaine), Matteo Fontana (Ambassadeur d’Italie auprès de l’Union europénne, délégation de l’Union européenne au Panama), Patricia Atkinson (Ambassadrice du Canada au Panama) et Melina Morisson (Directrice générale du Business Council of Co-operatives and Mutuals d’Australie).
Un autre débat portera sur Les coopératives et le leadership dans la consolidation de la paix (17 septembre, 09h20–10h35), en examinant comment des initiatives coopératives ancrées localement contribuent à la construction de la paix au niveau mondial, avec María Ortiz Pérez (Directrice exécutive des initiatives de leadership, Aspen Institute, Mexique), Alexander Leicht (Directeur du bureau régional de l’UNESCO ; représentant de l’UNESCO pour l’Amérique centrale, la Colombie et le Mexique (à confirmer)), Donna Dizen (Vice-présidente, CLIMBS, Philippines), Aline Nyirabaruta (CODERVAM, Rwanda), François Dionne (Directeur des programmes internationaux, SOCODEVI, Canada) et Simone Gamberini (Président, LEGACOOP, Italie).
Michelle Bachelet, ancienne Présidente du Chili et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, interviendra en ligne avec une allocution consacrée aux droits humains, au leadership et à l’articulation entre valeurs sociales et politiques publiques. Participeront également Bjørg Sandkjær, Secrétaire générale adjointe pour la coordination des politiques au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU depuis mars 2025, forte de plus de vingt-six ans d’expérience en politiques de développement international après avoir été Vice-ministre norvégienne du Développement international ; ainsi que David Fernández Puyana, Ambassadeur et observateur permanent de l’Université pour la paix (UPEACE), mandaté par l’ONU, auprès des Nations Unies et de l’UNESCO à Genève, Vienne et Paris depuis 2008. Puyana fut l’un des principaux architectes de la Déclaration de 2016 de l’ONU sur le droit à la paix et demeure actif dans la diplomatie de paix, notamment à travers ses commentaires récents sur le processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Le thème de la paix traversera également d’autres éléments du programme – notamment des ateliers interactifs consacrés au genre et à la jeunesse, à la communication, au plaidoyer, à la législation et à l’intercoopération (mercredi 16 septembre, 14h45–17h15) ainsi que des activités culturelles et une performance collective d’origami créant une volée coopérative de colombes de la paix.
Découvrez le programme complet ici: https://icapanama2026.coop/programme/
Consultez la liste des intervenants: https://icapanama2026.coop/speakers/